Le métro, ville dans la ville

Les transports en communs me fascinent depuis ma plus tendre enfance. Très jeune, au lieu de prendre le bus scolaire pour me rendre à l’école, je prenais en cachette, le bus 36. J’avais toujours sur moi une carte de 10 trajets, reçue par ma mère, au cas où le bus scolaire aurait un souci. Et il en avait régulièrement… du moins, de mon point de vue.

Dans le bus, j’aimais oblitérer mon titre de transport en papier. Regarder le chauffeur conduire, détailler son uniforme, le tableau de bord et ses nombreux boutons servant notamment à ouvrir les portes, à les refermer. Sonner à temps pour descendre à mon arrêt. Toutes ces petites choses étaient source de perpétuel émerveillement.

Le 20 septembre 1976, après 11 années de travaux, la première ligne de métro lourd fût inaugurée par feu Sa Majesté le Roi Baudouin. Inutile de vous dire que ce fût un évènement des plus palpitants pour moi, mais aussi pour bons nombre de bruxellois. Il s’agissait de la ligne 1, qui se subdivisait, après la station Mérode, en 2 parties. La ligne 1A, vers le sud-est, jusqu’à Beaulieu et la ligne 1B, vers le nord-est, jusqu’à Tomberg. Elle comportait 16 stations au total. Je me rappelle encore mes premiers trajets. C’était quelque chose d’inouï. J’étais comme un aventurier ! Par la suite, le métro n’a cessé de s’agrandir à coup de nouvelles stations et lignes. Il compte à l’heure actuelle 59 stations de métro lourd en site propre et 4 lignes. Ce monde sous-terrain est un peu une ville dans la ville. Une sorte de microcosme régit par des codes et règles bien à lui et où le comportement et les attitudes des voyageurs ne sont pas toujours les mêmes qu’à l’air libre.

Certes, l’émerveillement de l’enfant a disparu au fil du temps, mais le plaisir n’en demeure pas moins présent et ce malgré le nombre incalculable de voyages que j’effectue annuellement.

De ce fait, réaliser un travail photographique sur le métro s’imposait naturellement. Pour être précis, il s’agit de mon deuxième travail sur le sujet. Le premier travail, s’étalant sur une période de 15 jours, fût réalisé en janvier 2009. N’ayant pas de site web à l’époque, sa diffusion fût assez confidentielle et il est fort possible que je lui consacre un futur article.

Réaliser un travail sur le métro bruxellois ne se fait pas comme ça. Il y a des règles à respecter et notamment obtenir, au préalable, une autorisation de reportage auprès de la Société des transports intercommunaux de Bruxelles, la STIB. C’est l’opérateur principal de transport public à Bruxelles.

Le contexte actuel n’aidant pas, je craignais d’essuyer un refus. Après quelques échanges de mails avec le service des relations publiques, j’ai obtenu le précieux sésame. Et ce pour une durée des plus confortable ! Ce qui m’a permis de travailler sereinement.

J’en profite pour remercier chaleureusement la STIB, sans qui ce travail n’aurait jamais eu lieu et plus particulièrement le service des relations publiques avec qui j’ai été en contact. Et ce pour sa disponibilité mais aussi pour sa gentillesse lors de nos nombreux échanges de courriels, le tout sur un ton des plus cordial. Voila pour les remerciements.

Le but de ce travail n’est pas de réaliser un documentaire exhaustif sur le métro bruxellois. Non, la démarche est purement artistique, arbitraire et personnelle. Que ce soit dans le choix des stations, des situations et personnages animant mes images, j’ai choisi de vous montrer mon métro. Celui qui est en connexion avec ma ville. Excepté les stations Gare de l’Ouest et Sainte-Catherine (les voyageurs habitués du réseau les reconnaîtront), toutes les stations photographiées sont des lieux que je fréquente régulièrement.

Mais avant de commencer le travail, il me fallût réfléchir à ce que je voulais montrer. Quelques réflexions plus tard, j’étais fixé. Ma première priorité fût d’arriver à matérialiser sur mes images la vie trépidante et frénétique qui caractérise la vie dans le métro.

Ensuite, montrer la grande diversité ethnique et multiculturelle qui s’y côtoie chaque jour et qui contribue à lui donner, à mon sens, une identité forte, unique. Le tout en tentant d’apporter un regard neuf sur le sujet. Et surtout d’éviter le déjà vu et revu.

Une fois le cahier des charges défini, il me fallût réfléchir au « comment » et à la logistique.

Depuis un moment, la surimpression m’intéresse pour ce qu’elle peut m’apporter en matière de créativité, d’expression artistique et de nouvelles perspectives. Pour information, la surimpression est le fait d’assembler deux ou plusieurs images ensembles afin de n’en former qu’une.

Dans le cas qui m’occupe, l’usage d’un trépied était indispensable. Autorisation en poche, sortir le trépied et l’installer dans une station de métro était devenu possible. Dès lors, il était pour moi tout naturel qu’elle fasse partie de l’aventure.

Le trépied a également rendu possible l’usage de temps de pose lents, ce qui permet d’obtenir un effet de filé dynamisant le sujet en mouvement et par la même occasion, de satisfaire à ma priorité première !

J’espère être arrivé à retranscrire tout cela dans mes clichés. Maintenant, place aux images ! Je vous souhaite de passer un agréable moment.

Yves

Infos STIB – Sources :

https://www.rtbf.be/info/regions/bruxelles/detail_le-metro-bruxellois-inaugure-il-y-a-40-ans-dans-la-foule-l-enthousiasme-et-quelques-illusions?id=9409089

https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9tro_de_Bruxelles

https://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_des_transports_intercommunaux_de_Bruxelles

http://docu40.stib.brussels/fr/chapitre1#section2